mercredi 27 août 2008
Gomorra, c'est plus fort que la mafia !
Par Alex Devry, mercredi 27 août 2008 à 19:58 :: Cinéma
Synopsis: "On ne partage pas un empire d'une poignée de main, on le découpe au couteau." Cet empire, c'est Naples et la Campanie. Gomorrhe aux mains de la Camorra. Là-bas, une seule loi : la violence. Un seul langage : les armes. Un seul rêve : le pouvoir. Une seule ivresse : le sang.
Nous assistons à quelques jours de la vie des habitants de ce monde impitoyable. Sur fond de guerres de clans et de trafics en tous genres, Gomorra raconte les destins croisés de : Toto, Don Ciro et Maria, Franco et Roberto, Pasquale, Marco et Ciro. Cette fresque brutale et violente décrit avec une incroyable précision les cercles infernaux de la Camorra napolitaine pour mieux nous y entraîner.
Gomorra késako? Un film catastrophe du genre Godzilla? Un récit historique de la cité de Gomore? Point du tout, Gomorra traite d'une organisation mafieuse napolitaine.
Et ça commence très fort: un règlement de compte dans un solarium, 4 hommes abattus froidement en pleine journée, en pleine ville. Le film présentera ensuite d'autres personnages évoluant, bon gré mal gré, dans cet univers: le caissier, en charge de récolter et redistribuer l'argent du clan, les guetteurs qui s'occupent de surveiller les allées et venues dans la cité, une jeune garçon qui fait office de mulet, une jeune femme qui essaie de se substituer à toute ce merde et qui en paiera les frais, un col blanc chargé de l'enfouissement de déchets toxiques dans la campagne napolitaine, un couturier qui va donner des leçons à des concurrents pour arrondir ses fins de mois, et enfin deux petites frappes, ennivrés des méfaits de Tony Montana, qui vont se la jouer gangster en solo, contre les clans eux-mêmes.
Le film reste une fiction, mais s'inspire de faits réels. Il présente la vie quotidienne dans les cités napolitaines, à la solde des mafia locales. La transposition doit être assez réaliste puisque le réalisateur vit à présent sous la protection policière.
Dans tous les cas, même si ce n'est pas le film du siècle, j'ai bien apprécié la démonstration visant à prouver que tout le système est sclérosé (les gangsters sont aussi bien des petites frappes, que des notables bien établis), que chacun fait partie du rouage directement ou indirectement (le propriétaire qui vend des terres pour l'enfouissement de déchets toxiques), qu'il est difficile de sortir de ce système aux décisions arbitraires lorsque l'on a mis le doigt dans l'engrenage (cf le caissier qui ne peut plus se ranger, le garçon obligé de balancer une amie), et surtout que l'honneur, dans ce milieu, ne se lave qu'avec du sang et de la poudre.
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